Le programme de remplacement des capteurs de vitesse a été accéléré sur les A330/A340 d'Air France. ©Air France/Ph. Delafosse
Transport
AF 447 : les "sondes Pitot" en question
Publié le 08/06/2009 16:15:00 |
L'enquête avance concernant la vitesse dite "erronée" du vol AF 447 qui s'est abîmé en mer voici une semaine avec 228 personnes à son bord. Dans un communiqué paru samedi 6 juin, Air France précise que les sondes anémométriques, aussi appelées sondes "Pitot", ont fait l'objet d'un programme de remplacement à bord de ses Airbus A330 et A340 depuis le 27 avril dernier.
L'Airbus qui s'est perdu dans l'Atlantique dans la nuit du 1er juin n'avait pas encore bénéficié du programme de remplacement de ses sondes, comme cela nous a été confirmé samedi par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).
Toujours est-il que ces sondes, qui sont en fait des capteurs permettant de calculer la vitesse aérodynamique de l'avion, ont fait l'objet d'une recommandation de la part d'Airbus : le constructeur conseillait en effet aux compagnies de changer lesdites sondes sur A320 dès septembre 2007, mais pas sur A340/A330.
A partir de mai 2008, Air France observe "des incidents de pertes d'informations anémométriques en vol en croisière sur A340 et A330", incidents découlant "de givrage des sondes". La compagnie lance alors le 27 avril dernier un programme pour changer toutes les sondes de sa flotte A330/A340, sur la base des nouvelles sondes recommandées par Airbus sur les A320.
La compagnie précise aussi qu'elle a "accéléré ce programme et rappelé les consignes en vigueur émises par le constructeur pour faire face à la perte potentielle d'informations anémométriques", depuis la perte du vol AF 447, "sans préjuger d'un lien avec les causes de l'accident".
Du côté du gouvernement, on se veut aussi très prudent. Le ministre des Transports, Dominique Bussereau, a tenu à rappeler que "pour l'instant, on ne peut vraiment privilégier aucune hypothèse". Il a cependant détaillé l'enchaînement de circonstances techniques ayant pu provoquer la catastrophe.
Si les capteurs de vitesse gèlent au moment où l'avion traverse "une zone très humide, très dépressionnaire, une zone de turbulence", ils n'indiquent plus la vitesse. Cela peut provoquer "une sous-vitesse qui peut entraîner un décrochage, ou une survitesse qui peut entraîner une déchirure de l'avion", a indiqué le ministre.
Pendant que l'enquête à Paris progresse, les efforts sur le terrain se sont poursuivis tout le week-end, avec la remontée de 17 corps et de dizaines de débris appartenant au vol AF 447, retrouvés à environ 1 000 km au large de Recife au Brésil.
V.D. et T.V.
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