Transport aérien

AF 447 : l'avion ne s'est pas désintégré en vol

Publié le 02/07/2009 16:33:00 |

Le premier document officiel rédigé par le BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses) sur le crash du vol AF 447 a été présenté cet après-midi aux familles et à la presse. Une information majeure ressort de ce rapport factuel : l’Airbus A330-200 ne s’est pas désintégré en vol mais au contact de la surface de la mer.

Les enquêteurs sont arrivés à la conclusion que l’avion n’a pas été détruit en vol en examinant les 640 débris de l’avion repêchés en mer et transportés à Recife au Brésil. Aucun gilet de sauvetage n’a été retrouvé gonflé, ce qui montre que l’équipage et les passagers n’ont pas eu le temps de réagir.

Ce sont plus particulièrement les éléments intérieurs de l’avion, comme les galleys (cuisines) ou le poste de repos de l’équipage, qui ont fourni les renseignements les plus intéressants. La déformation et le tassement du mobilier de l’avion montrent que le choc a été d’une violence inouïe avec une très forte décélération verticale.

Il semble que l’avion ait touché la mer en ligne de vol, c’est-à-dire ailes sensiblement horizontales. Autre élément corroborant l’intégrité de l’avion avant son choc avec la mer, l’empennage vertical a été arraché de l’arrière vers l’avant avec une partie du fuselage. Les ferrures de fixation n’ont pas bougé. Il n’y a donc pas eu d’effort latéral comme on aurait pu l’observer si l’appareil était parti en vrille lors d’une perte de contrôle.

La BEA regrette toujours que les autorités judiciaires ne donnent pas accès aux rapports d’autopsie des corps repêchés. Ceux-ci apporteraient au travers des traumatismes subis une meilleure connaissance des circonstances de l’accident.

Si la défaillance des tubes de Pitot est aujourd’hui le premier maillon de la chaîne anémométrique qui permet la mesure de la vitesse, "la perte de cohérence ne peut expliquer, à elle seule, ce qui s’est passé", précise Alain Bouillard, responsable de l’enquête AF 447 au BEA.

Sur zone, au milieu de l’Atlantique, les recherches acoustiques sous-marines se poursuivent jusqu’au 10 juillet, date considérée comme extrême pour capter un signal de la balise radio associée à l’enregistreur de vol (boîte noire). Au-delà, la durée de vie de la pile électrique est dépassée. Les recherches se poursuivront toutefois pendant un mois avec le sous-marin d’Ifremer pour explorer des fonds qui ressemblent à la cordillère des Andes…

Thierry Vigoureux

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