Le A330 d'Air France s'est abîmé dans l'Atlantique le 1er juin dernier. ©DR
Transport aérien
AF 447 : polémique sur les causes de l'accident
Publié le 05/10/2009 14:20:00 |
Actualisé à 15h30
Alors qu'à l'issue de leur contre-enquête, deux pilotes assurent que le crash du vol AF447 "aurait pu être évité", le BEA "appelle à la plus grande prudence". Selon lui, il est en effet "trop tôt pour pouvoir décrire les circonstances de l'accident et, a fortiori, prétendre les expliquer".
Dans une interview donnée au Journal du Dimanche, paru hier, Gérard Arnoux, président du Syndicat des pilotes d'Air France (Spaf), minoritaire, explique que sa contre-enquête met à jour "un échec collectif". "Un tel événement ne se résume pas à une cause unique. Mais il est une vérité incontestable que nous devons marteler sans relâche : sans la panne des sondes Pitot, il n'y aurait pas eu d'accident." Or, selon ce commandant de bord sur A320, Air France, le BEA, Airbus, la Direction générale de l'aviation civile et l'Agence européenne de sûreté aérienne, ont "tous sous-estimé le problème des sondes".
Gérard Arnoux va plus loin, affirmant : "le BEA cherche à minimiser le rôle joué par les sondes Pitot parce qu'il n'a pas diligenté les enquêtes que les lois et règlements lui ont imposé de faire depuis au moins le signal d'alarme tiré par son homlogue allemand en 1999 et en tout état de cause depuis les incidents de 2008". Selon une note interne, Air France avait alors connu neuf incidents de givrages sur les sondes entre mai 2008 et mars 2009.
Lors de ses rapports d'étape, le BEA a également pointé la défaillance des sondes Pitot. Mais selon ses enquêteurs ce n'est qu'un "élément, mais pas la cause du crash".
En réponse aux accusations du Spaf, il se contente de rappeller aujourd'hui dans un communiqué "que les éléments disponibles sont en cours d'étude par les meilleurs experts français et étrangers ; l'enquête progresse, mais elle est particulièrement difficile". D'autant que les enregistreurs de vols n'ont toujours pas pu être retrouvés. Les recherches, suspendues le 20 août devraient reprendre dans le courant de l'automne. Mais la date n'a pas encore été arrêtée. Par ailleurs, le BEA prévoit de publier un troisième rapport d'étape avant la fin de l'année.
Pour sa part, Air France s'est refusée à tout commentaire sur ces "hypothèses". Elle rappelle seulement que "deux enquêtes sont en cours en France. L'une, "technique", pour l'amélioration de la sécurité aérienne, est menée par le BEA. L'autre, "judiciaire", pour la recherche d'éventuelles responsabilités pénales, est confiée à la gendarmerie nationale sous le contrôle d’un juge d’instruction qui a nommé des experts judiciaires." La compagnie assure, encore dans un communiqué, qu'elle collabore à ces deux enquêtes et met en ligne toutes les informations dont elle dispose sur son site http://corporate.airfrance.com.
D.B.








