A 52 ans, Francesco Schettino est mis en cause dans le naufrage du Costa Concordia. ©DR
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Naufrage du Concordia : le commandant donne sa version
Publié le 18/01/2012 16:22:00 |
La juge Valeria Montesarchio a décidé mardi soir de laisser sortir de prison le commandant Francesco Schettino, mais l'a assigné à résidence.
Dans le compte-rendu publié par la presse italienne, et repris par l'AFP, de son interrogatoire de trois heures mardi, le capitaine reconnaît uniquement une erreur initiale : avoir fait effectuer au navire, "l'inchino" (révérence) pour saluer un ex-commandant résidant une partie de l'année sur l'île du Giglio.
Mais il affirme aussi que "cette route avait été décidée dès le départ du navire de Civitavecchia", ajoutant s'être "trompé quand il longeait la côte". "Je naviguais à vue parce que je connais bien ces fonds et j'avais fait cette manoeuvre (inchino) trois ou quatre fois, mais cette fois j'ai viré trop tard", a-t-il argué. Une pratique récurrente, qui pourrait inquiéter l'armateur.
Le commandant se targue d'avoir opéré ensuite une manœuvre "brillante" pour faire échouer le bateau près du rivage, une version contestée par des enquêteurs, selon lesquels la salle des machines était déjà inondée et le paquebot ingouvernable.
Selon les informations disponibles aujourd'hui, la juge ne trouve aucune circonstance atténuante dans cette "manœuvre d'urgence", trouvant "logique" qu'il ait ainsi essayé de "limiter le plus possible les conséquences tragiques d'une grave erreur" initiale.
Le commandant a aussi défendu sa version des faits sur son rôle pendant l'évacuation des passagers. Devant la juge Montesarchio, il a dit être "tombé dans une chaloupe de sauvetage" quand le bateau a chaviré à 70/80 degrés alors qu'il manœuvrait pour la décrocher, au milieu de passagers se bousculant pour monter dedans. Après avoir gagné la terre ferme, il dit n'avoir pas réussi à "retourner en mer car l'espace était obstrué par les embarcations" de secours.
La juge estime que Francesco Schettino n'a fait "aucune tentative sérieuse" pour retourner "au moins à proximité du navire", après l'avoir quitté en pleine évacuation. Elle note aussi, citant des témoignages, qu'une fois descendu du bateau, il est resté pendant des heures sur les rochers à regarder les opérations de sauvetage.
La présence à bord "d'autres personnels et officiers qui s'efforçaient d'évacuer les passagers dément objectivement les déclarations du commandant sur son impossibilité à diriger et gérer la procédure d'urgence et les secours", martèle la juge Montesarchio, qui parle de "catastrophe de proportion mondiale".
A propos du retard d'une heure imputé au commandant pour donner l'alerte en minimisant le problème à une "simple panne électrique", la juge stigmatise sa "totale incapacité à gérer les phases successives de l'urgence, retardant ainsi l'arrivée des secours depuis la terre ferme".
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